21.01.2008
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La pause a été longue, très longue, mais je suis de retour dans la blogo-ovaland-sphere.
C'est juste une belle aventure que je viens de vivre au milieu du moyen Atlas marocain qui m'a un peu chamboulée...
Les enfants, les villages au milieu des palmeraies, les odeurs de peinture et de tajine, les bruits de la vie en communauté, tout ça reste un peu trop en moi pour permettre un brusque retour.
C'est une belle aventure qui nous a conduit, avec quarante cinq acolytes, à pédaler comme des fous dans le désert marocain, sur nos petits vélos au milieu de rien. Près de 250 km en cinq jours ça ne s'oublie pas. C'est dur et c'est beau en même temps. Que du bon biz...
Après cette belle épreuve, on a finalement posé notre bivouac au fond d'une cour d'école et on a délaissé les vélos... pour les pinceaux.
A la fin de ces quelques jours de modeste chantier, cette école qui était un peu devenue notre maison, affichait fièrement ses nouvelles couleurs alors que l'inauguration se faisait légitimement voler la vedette par le retour des vacances et la kermesse organisée pour l'occasion.


Au soir du dernier jour, on se sépara de nos fidèles destriers afin de les confier à des écoliers qui vivent trop loin de ce beau lieu de vie et d'apprentissage.
Puis c'est le départ. Les 50 heures de car furent à la fois interminables et complètement nécessaires.
La séparation est difficile, les photos commencent juste à trouver tout leur sens, et déjà, les souvenirs se gravent ou s'égarent.
C'est la raison de ma disparition quasi-complète de l'ovalovatitude. Mais je suis de retour et je vais vite ramener mon esprit perdu dans la belle réalité ovale.
Ps: J'ai beaucoup pensé à vous ovaloveurs et blogopotes, mais j'ai eu beau chercher, je n'ai pas trouvé de clin d'oeil oval... Là bas le ballon, par tradition, se fait rond.
Ps2: Merci à tous mes amis Nomads pour tous ces moments d'exception, d'émotion et de partage. Pour cette belle solidarité dans les montées, pour tout ce ponçage, pour Mr Malzac, pour le nouvel-an et pour ces longues discussions: Un immense choukrane.
19.12.2007
Tango argentin, valse des ouvreurs, qui mène la danse?
Paris est sous le charme de ses numéros 10 de génie. Ils animent, produisent du jeu, sont les parfaits buteurs, des internationaux grand luxe. Paris s'est offert une vitrine tape à l'oeil, au potentiel ravageur.
S'il nous est permis d'assister à un ballet en trois actes, à une symphonie en trois mouvements, s'il la valse ne se danse qu'en trois temps, on n'a encore jamais vu trois ouvreurs s'associer pour une rencontre. Alors qui de David Skrela, Lionel Beauxis ou Juan Martin Hernandez peut prendre la tête de ce trio détonant, peu commun et pas si pratique.

David Skrela?
Né à Toulouse en 1979, fils d'un célèbre ovaloveur qu'on ne présente plus et dont il a beaucoup, beaucoup l'occasion d'entendre parler, frère d'une basketteuse professionnelle dont on entend moins parler, il joue au Stade Français depuis cinq ans. Il s'y est installé après avoir fait ses classes avec Colomiers et fini ses études de sciences appliquées à Toulouse.
Il a fêté sa première sélection tricolore en 2001 et a fait son grand retour en 2007 lors du tournoi des Six Nations.
David Skrela en bleu c'est:
10 sélections en équipe nationale, 17 pénalités, 7 transformations, 65 points marqués.
Demi-finaliste CDM 2007
Vainqueur du Tournoi 2007
Champion de France 2004, 2007
Pendant la dernière coupe du monde, c'est 3 matchs joués, 4 pénalités, 12 points marqués.
C'est un joueur qui a la réputation de très bien défendre, tenace. C'est un buteur relativement régulier. Joueur sur qui l'on peut compter mais qui n'est pas un afficionado des coups d'éclats qui partent de nul part ou des relances du bout du monde.
Pour finir, le point qui le dessert le plus quant à ce poste, ironiquement, est sans doute sa classe tout aussi grande... au poste de trois quart centre.

Lionel Beauxis?
Ce jeune joueur originaire de Tarbes, aujourd'hui âgé de seulement 22 ans, est la révélation du tournoi et des dernières coupes du monde.
Remarqué au sein de l'effectif des bleuets -21 champions du monde en 2006, il quitte la section paloise pour le Stade français la même année.
En 2007, il profite des absences répétées de F. Michalak des terrains bleus pour jouer pendant le tournoi des Six Nations, avec les grands cette fois. En septembre 2007 rebelote: F. Michalak, ouvreur n°1 se voit attribuer un rôle d'impact player, LBeauxis enchaine donc les sélections. Bernie lui confie même le quart de finale à Cardiff contre les Blacks. A contrario, en club, sa saison 07-08 ne lui sourit pas. Oublié par le staff, il ne joue quasiment pas, la place étant monopolisée par DS et JMH.
Lionel Beauxis en bleu c'est:
12 sélections, 13 pénalités, 16 transformations, 1 essai, 76 points marqués.
Demi finaliste CDM 2007
Vainqueur du tournoi 2007
Champion de France 2007
Champion du monde -21 2006
Meilleur joueur du monde IRB 2006
Pendant la dernière cdm c'est: 6 matchs joués, 7 pénalités, 8 transfos, 1 essai, 43 points
marqués.
En 2007, Lionel Beauxis a réussi à se faire une place au milieu de la concurrence de manière très naturelle. Les pieds sur terre, la tête sur les épaules alors qu'il pourrait l'avoir dans les nuages, il assure l'essentiel et plus quand il le faut. Il a fait de la scène internationale son terrain de jeu et d'expression. Son jeu au pied exceptionnel, son calme et son professionnalisme font de lui l'emblême d'une nouvelle génération prête à débarquer sur la planète ovalie. Génération qui ne connaît pas la nostalgie de l'amateurisme et joue à 100% la carte du professionnalisme, sans complexe et sans perdre la tête.
Sa jeune expérience fait de lui un joueur discret, voire timide qui n'a pas encore révélé ses qualités de leader charismatique nécessaire à ce poste. Il manque encore un peu d'audace. Attention surtout au sur-entrainement et au régime associé de trop: trop jeune/trop fort/ trop vite qui en a piégé plus d'un, comme Wilkinson il y'a quelques années.

Juan Martin Hernandez?
Né en 1982 à Buenos Aires, l'Argentin du trio a posé ses valises au Stade français en 2004. Bien qu'il ai signé un contrat de cinq ans avec le club, c'est un coup de pression très médiatisé qui va lui garantir enfin la considération dont il manquait en temps qu'ouvreur officiel. L'arrière stadiste, élu meilleur joueur du tournoi en 2007, a menacé de quitter Paris pour rejoindre Leicester car le poste d'arrière ne lui convenait plus.
Finalement on a du lui trouver une solution sur mesure car il accepté de poursuivre l'aventure française un an de plus.
Juan Marin Hernandez a connu sa première selection de puma en 2003 (114-0 contre le Paraguay!). Il trouve parfaitement sa place (celle d'ouvreur :-) au sein de l'effectif des pumas alors en plein essor et contribue largement à mener son équipe là où on sait.
Juan Martin Hernandez en bleu (qué fé mal) et blanc c'est:
27 sélections, 4 drops, 3 transformations, 6 essais, 43 points marqués.
Demi-finaliste CDM 2007
Champion de France 2004, 2007
Oscar du meilleur joueur du championnat 2007
Nomination meilleur joueur IRB 2007
Pendant la dernière cdm c'est: 6 sélections, 4 drops, 1 transfo, 14 points.
"El Mago" ravit les fans d'ovalie du monde entier par son physique! ses relances magiques, son énergie, sa vista, ses crochets. Il est en quelque sorte l'inverse de Beauxis; pas vraiment à sa place comme buteur, s'il use de son pied, c'est principalement pour allumer le ciel du stade qui l'accueille, pour remettre le jeu dans le sens de la marche. Adepte du jeu à la main, c'est un bon marqueur d'essai et un bon défenseur. En quelque sorte une perle rare.
Son pressing sur le staff et sa très bonne performance en coupe du monde lui ont garantie une place au soleil de l'ouverture.
Malgré tout on ne peut pas toujours compter sur sa régularité en temps que buteur, même s'il s'améliore chaque semaine. Le vrai point négatif est finalement le fait qu'il soit prêt à traverser la manche à la fin de la saison.
En attendant cette stabilité tant convoitée, le lys coincé entre les rythmes et les cadences se voit contraint de jongler avec son infirmerie débordante, tente des nouveaux pas et se balance, trébuche sur un sol jonché de roses rouges.. As et las de la danse, il veut nous éblouir, il veut être magicien.. Mais il faut reconnaître, que rien ne triomphe mieux de la rose, qu'un Tango argentin.

04:15 Publié dans Joueurs | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
05.12.2007
Sous le ciel de la Croix du Sud
L'Argentine a enfin trouvé chaussure à son pied, ou plus précisemment l'etrier qui va lui permettre de mener Pégase sous le ciel de la Crux.
Bernard Lapasset, nouveau président non intronisé du suprême Incroyablement Royal Board a tranché:
L'Argentine jouera le Tri-Nations d'ici quatre ans.
La discrétion des débats entourant la question contenait difficilement l'énorme enjeu de sa conclusion. Depuis plusieurs années en effet, les Pumas reclament une place dans l'arène des grandes équipes internationales que chacun trouvait plus simple de lui refuser jusque là. Pour quelles raisons?
Le premier obstacle qui s'opposait à une intégration rapide de la formation, était le calendrier déjà surchargé des rencontres de championnats nationaux, de la h-cup, du Super 14, des tournois et aux rencontres internationales en tous genres... Ajouter une équipe au tournoi des six nations par exemple, revient à ajouter un match pour chaque équipe participante, une journée de tournoi, soit six matchs.
Le second problème majeur qui enrayait l'adoption de l'Argentine dans le tournoi des 6 Nations concernait la traversée hebdomadaire qu'aurait engendré leur participation. L'Atlantique toute les semaines ne satisfaisait personne. hum..
Et pourtant, une solution avait vu le jour et les Argentins étaient sur le point de faire de l'Espagne ou de la Belgique leur pays d'adoption pour la durée de l'epreuve.
De plus ce tournoi là présentait quelques avantages. Le plus plaisant étant sans doute le fait que les trois quarts de ces joueurs argentins évoluent dans les championnats européens. Participer au tournoi leur aurait donc évité le désagrément de trop de dépaysement.
Le deuxième problème du tri nations est, singulièrement, le même.
Le décalage horaire entre l'Afrique du sud et la nouvelle Zélande représente déjà plus de huit heures d'écart, l'Argentine se situe elle, dans la dernière partie de l'hémisphère sud encore inoccupée par le tri Nations... Ce qui ne fait pas que des heureux.
Mais grace à cette promotion, les Pumas vont pouvoir se frotter chaque année aux meilleurs mondiaux.. dont les deux double champions du monde. Du pain béni pour ces champions en puissance à l'ambition sans limite.
En effet, après la claque infligée par les Pumas à certaines grandes nations mondiales (je ne citerai personne) on ne pouvait plus se mentir sur la légitimité de leur présence au sein des plus grands enjeux. S'il est probable que la perspective d'imposer aux selections européennes un sixième match ai raffraîchi l'enthousiasme général pour l'hémisphère nord, le tri-Nations devrait lui, s'adapter en revenant au format de match aller-retour et non plus au niveau système (2006) qui amenait les équipes à se rencontrer trois fois, et ainsi faire symboliquement un peu de place au nouveau venu.
Enfin, quelques clubs argentins se tailleront une place au soleil du Super 14, équivalant subéquatorial de la H-cup, et qui regroupent les meilleures équipes d'Afrique du Sud, d'Australie et de Nouvelle-Zélande. Cette réforme majeure devrait entrainer une progressive professionnalisation du Rugby en Argentine et provoquer l'intérêt des joueurs qui jusque là étaient obligés de s'expatrier pour s'épanouir dans leur sport.

01:40 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note


